Angola : Le Procureur général ordonne l’arrêt de trois usines de textile

By | June 14, 2019

Un tribunal angolais a ordonné la mise en arrêt de trois usines de textile situées dans les provinces de Benguela, Kwanza Nord et Luanda, a annoncé jeudi le Service national de redressement du procureur général (PGR).

Les trois textiles qui ont fait l’objet de mesures de précaution lors de son arrestation sont les usines de tissus Mahinajethu-Satec, situées à Dondo, dans la province de Kwanza Nord, Alassola-África Têxtil à Benguela et New Textang II à Luanda.

Cette mesure fait partie des travaux en cours visant à enquêter sur les financements publics accordés à des sociétés privées, d’après le communiqué « certaines entreprises qui sont en cours de privatisation irrégulière », sans remboursement volontaire de ces fonds à ce jour.

Le PGR a indiqué que les trois usines en arrêt d’activité avaient été financées par une ligne de crédit de la Banque du Japon pour la coopération internationale d’un montant de 1 011 258 925,00 dollars, des prêts étant levés auprès de l’État angolais.

La déclaration ajoute qu’une ligne de crédit de 12 996 615 398,00 a été émise en place par la Banque angolaise d’investissements aux usines situées à Dondo et à Benguela, auxquelles une garantie souveraine a été ajoutée, et que ces sociétés n’ont pas remboursé le prêt en question à la charge de l’Etat.

La déclaration du Procureur général, reprise par l’agence de presse angolaise mentionne également le cas de la cimenterie de Kwanza Sud, entreprise à laquelle l’État angolais a prêté 820 513 293,40 dollars par l’intermédiaire de la Société nationale des carburants de l’Angola (Sonangol), à ce jour, les fonds ont été retournés.

Compte tenu ici de l’intérêt national et du fait que l’usine fonctionne, l’État « a décidé de conclure un accord de règlement de dette » dans lequel « leurs intérêts et leur maintien seront dûment sauvegardés ».

Il y a aussi le cas de Geni, SA, avec lequel l’État, par le biais de la compagnie Sonangol, a conclu à Kwanza un accord de prêt équivalant à 353,28 millions de dollars US l’acquisition d’actions au sein de l’institution Banco Económico, 329 591 651,81 USD.

La déclaration indique que l’État angolais a prêté 125 millions de dollars à l’entreprise, notamment pour l’acquisition d’actions de Banco Económico, à Lektron Capital, et ajoute que cette dernière a cédé ses actions à l’État angolais, tandis que Geni, SA s’est engagée à « régler la dette ».

Si tel n’est pas le cas, avertit le PGR, le service national de recouvrement des avoirs, sous l’égide de l’État, « instituera immédiatement la procédure de précaution relative à la saisie de ces actions ».

Le PGR précisait également qu’une « mesure de précaution non spécifiée avait été instituée » contre le groupe Suninvest pour la « livraison immédiate » à l’Etat des usines de fabrication de drogue des provinces de Luanda et de Benguela, qui avait été approuvée par le tribunal.

Au final, la société bioénergétique angolaise (Biocom) a eu recours à un emprunt garanti par un syndicat de banques composé de deux banques nationales non spécifiées, d’un montant de 210 millions de Kwanzas.

La déclaration indique que la société Biocom est tenue de régulariser, ce qui, en raison de la garantie souveraine émise, conduira l’État à déclencher « tous les mécanismes » pour éviter de déclencher ladite garantie, processus « pouvant impliquer le recouvrement de la propriété du société ».