ENTREPRISES PORTUGAISES EN AFRIQUE VERSUS PRIVATISATIONS DES COMPAGNIES CHINOISES

By | December 5, 2016

Au cours de ces dernières années, on a assisté à une privatisation des sociétés portugaises, marquant ainsi un attrait des investisseurs chinois, avec des investissements allant croissant, selon les journalistes Anabela CAMPOS et Isabel VICENTE.

Entre 2011 et 2014, le Portugal a connu une vague successive de privatisations, à l’instar de certaines des plus grandes sociétés du pays Energias de Portugal (EDP), dont le livre ‘China Business’ publié récemment par les 2 journalistes y dresse un portrait.

Lors de son entretien à Macauhub, Isabel VICENTE, journaliste à l’hebdomadaire Expresso, affirme précisément que l’Angola et le Mozambique, sont des marchés intéressants et attractifs pour les investisseurs chinois, et figurent parmi les « raisons pour lesquelles ils étaient intéressés au Portugal. »

« L’importance de l’approfondissement de sa présence en Afrique s’illustre avec des entreprises qui connaissent bien le marché, ayant un grand pouvoir d’attraction pour les investisseurs chinois. La vente alléchante de bonnes entreprises à vendre, les prix de vente dans certains cas, couplés à l’internationalisation de l’économie de la Chine, a concouru à faire le reste », a- t-elle affirmé.

L’étude 2015 du consultant Rhodium, préparé pour le cabinet d’avocats Baker & McKenzie, qui a analysé les transactions totales entre 2004 et 2014 situe le Portugal au rang de quatrième pays en Europe ayant reçu dans la dernière décennie d’importants investissements chinois, devant des économies comme l’Espagne ou en Italie.

En 2014, l’investissement total de la Chine en Europe s’est élevé à 18 milliards de dollars, le double de l’année précédente, avec une préférence pour les investisseurs chinois pour les pays comme le Royaume-Uni (5,1 milliards de dollars), l’Italie (3,5 milliards de dollars) et les Pays-Bas (2,3 milliards de dollars) et le Portugal (2 milliards de dollars), suivie par l’Allemagne (1,6 milliards de dollars).

Le montant aurait même pu dépasser le pays qui a reçu le plus d’investissements si l’offre d’Anbang pour Novo Banco (4,2 milliards d’euros) avait été approuvée par la Banque du Portugal.

Ces chiffres sont antérieurs aux investissements réalisés ultérieurement, y compris dans le secteur de la santé, par la HNA dans la compagnie aérienne TAP et par Fosun, investissements achevés ces dernières semaines, au sein de Banco Comercial Portugues (BCP), la plus grande banque privée portugaise, faisant du groupe chinois le premier actionnaire, dépassant la société pétrolière angolaise Sonangol.

Les journalistes observent une convergence entre l’investissement chinois et angolais au Portugal, car étant présent pratiquement dans les mêmes secteurs et dans certains cas les mêmes entreprises – comme BCP, et aussi dans Global Media.

« Il est trop tôt d’affirmer une certaine coordination entre ces entités, en particulier BCP, où Sonangol est celle qui possède des filiales impliquées dans des accords avec les Chinois », a déclaré Mme CAMPOS.

Le journaliste a également déclaré que les investisseurs chinois «se trouvent au Portugal différemment de n’importe quel pays d’Occident, non seulement en raison de la diversité des secteurs dans lesquels ils sont entrés, mais aussi du fait que deux entreprises publiques chinoises détiennent actuellement le contrôle du secteur électrique portugais de l’électricité, EDP et le réseau électrique REN. »

Les informations par les journalistes recueillies lors de leur recherche pour l’élaboration de l’ouvrage montrent que la société chinoise Petroleum & Chemical Corporation (Sinopec) est susceptible de devenir actionnaire de Galp Energia, avec lequel elle est un partenaire commercial au Brésil.

À la suite de recherches et d’entretiens avec certains des principaux responsables politiques et gestionnaires du pays, le livre des journalistes d’Expresso aborde également les investissements d’autres sources, dont l’Angola et la France, qu’elles considèrent comme une «révolution économique» au Portugal. (macauhub)