GUINEE- BISSAU L’AMELIORATION DU CLIMAT DES AFFAIRES ENTACHEE PAR LA POLITIQUE

By | December 13, 2016

La Guinée-Bissau a amélioré au sein du pays le climat des affaires et représente une «passerelle» sous-explorée, avec un grand marché régional, cependant, les risques politiques internes ont détourné les investisseurs, selon le premier guide d’investissement du pays.

Publié par la nouvelle Chambre de Commerce et d’Industrie Portugal-Guinée-Bissau, le guide présenté à Lisbonne souligne l’importance de l’intégration du pays africain dans la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avec une population de 320 millions de personnes, ainsi que les «avantages pour les relations avec les investisseurs», dérivés de l’adhésion à l’Union monétaire régionale (UEMOA).

Cette affiliation assure la stabilité des taux de change en raison de la parité fixe entre le franc CFA, utilisée par 80 millions de personnes dans sept pays, ainsi que la «liberté de rapatriement de capitaux», avec une plus grande intégration régionale freinée seulement par un manque d’infrastructures de base, y compris les ports, les routes et l’énergie.

«Les défis pour la compétitivité de la Guinée-Bissau comprennent le renforcement des services publics de base dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures de base pour l’eau, l’assainissement, l’énergie, les transports et les communications; et surtout la reprise des secteurs manufacturiers, ce qui nécessite une stimulation des investissements privés », selon notification du guide d’investissement.

La dernière édition de la Banque mondiale ‘Doing Business’ fait état concernant la Guinée-Bissau de sa meilleure performance enregistrée parmi les pays lusophones, avec Sao Tomé-et-Principe, se classant au 172ème rang.

Cette amélioration a été obtenue grâce d’une part à l’introduction d’une nouvelle procédure conciliante pour les entreprises en difficulté financière et d’autre part à un processus de règlement préventif qui favorise les situations d’insolvabilité, ce que constate également le guide de la Chambre de Commerce et d’Industrie Portugal-Guinée-Bissau.

Malgré les progrès accomplis dans la simplification des procédures administratives et juridiques et la création d’un système d’incitations à l’investissement compétitif à l’échelle internationale, qui affecte la vitesse d’ouverture des nouvelles entreprises, « la perception des investisseurs de la facilité à entreprendre est très entravée par l’instabilité politique », précisait ce guide.

Dans le présent mandat, qui a commencé en 2014, la Guinée-Bissau a eu cinq gouvernements successifs et celui récemment nommé ne fait pas partie du parti qui a remporté les dernières élections, minant ses chances de succès.

Néanmoins, certains investisseurs ont persisté avec leurs investissements dans le pays, notamment la Chine, qui investit dans la construction d’infrastructures dans le pays.

A la fin du mois de novembre dernier, l’ambassadeur de Chine à Bissau, M. Wang Hua, a annoncé que son pays financera la construction d’une route entre la ville de Bissau et Safi, ville située à 14,4 kilomètres au nord de la capitale, et que les techniciens chinois étaient déjà présents dans la capitale guinéenne pour préparer le début des travaux.

Le projet, d’une valeur de 16,5 millions de dollars, facilitera le transport de produits commerciaux de l’intérieur du pays vers la capitale.

Le gouvernement de la Guinée-Bissau a signé jeudi un accord avec l’homme d’affaires chinois M. Xuguang Li, président de la compagnie Shenyang Lan Sa Trading Co Ltd, pour la construction d’une centrale de biomasse afin d’approvisionner les villes de Bissau et Mansoa au centre du pays.

Dans son introduction au guide de l’investissement, le président de la de la Chambre de Commerce et d’Industrie Portugal-Guinée-Bissau – CCIPGB, M. Jorge SOUSA, a souligné les efforts déployés par les autorités pour encourager l’investissement étranger et améliorer la situation du pays en tant qu’«excellente porte d’entrée» vers le marché régional.

« En se concentrant sur la Guinée, les risques sont pris, mais d’autres sont dilués, sur les marchés où nous nous sommes toujours concentrés. La diversification du risque est une stratégie pour que les entreprises ne soient tributaires d’un marché ou d’un autre », a déclaré M. SOUSA.

(macauhub)