La dépréciation des changes met sous pression les importations en Angola et au Mozambique

By | April 7, 2020

La crise économique engendrée par le virus Covid-19 entraîne une dépréciation des monnaies angolaises et mozambicaines et, de ce fait, rend plus coûteuse l’importation de produits, notamment chinois, selon plusieurs agents du marché.

Les données fournies par l’institution financière Banco de Fomento Angola (BFA) indiquent qu’à la fin du mois de mars, la monnaie angolaise, le kwanza, avait perdu plus de 10% de sa valeur par rapport au dollar par rapport au début de l’année, et plus de 40% au cours des derniers mois, la monnaie se négociant officiellement à 536,7 kwanzas.

Sur le marché parallèle, selon le site Web de Kinguila Hoje, la valeur est encore plus élevée – 650 kwanzas.

Dans son bulletin présentant la situation économique angolaise, la BFA fait état d’une «dépréciation importante» du kwanza ces dernières semaines, la baisse des revenus pétroliers angolais ayant généré «des anticipations parmi les acteurs du marché d’une offre sensiblement moindre de devises étrangères à partir d’avril ».

La « forte pression à la baisse sur le kwanza » devrait “s’accroître dans les prochains mois », selon l’institution financière, qui maintient une prévision de 20% pour l’inflation angolaise en 2020, contre 17,5% enregistrés l’an dernier.

La dévaluation du kwanza exerce également une pression sur la composante dette libellée en devises, augmentant le pourcentage de dette par rapport au produit de l’économie, ce qui conduit déjà certains pays africains à assumer la nécessité de restructurer ou de demander l’annulation de la dette, afin de face à la crise économique provoquée par le Covid-19, qui a contraint la population à être confinée et paralysée dans plusieurs pays, comme l’Angola et le Mozambique.

En ce qui concerne l’importation de produits, notamment ceux en provenance de Chine, ceux-ci devraient également être impactés, selon les précisions de monsieur Manuel Arnaldo Calado à l’agence de presse Lusa, le président de la Chambre de commerce Angola-Chine,

«Je ne connais aucun produit qui est en Angola ou qui a déjà été en Angola, que la Chine n’a pas à offrir. La Chine nous manque vraiment car elle offre tout, du moins cher au plus cher », précisait monsieur Calado.

La monnaie mozambicaine, le metical, s’est également fortement dépréciée ces dernières semaines, se négociant actuellement à 68 meticais pour un dollar, 9% de moins que la moyenne de l’an dernier (62,5 meticais).

La dévaluation s’est poursuivie même après que la Banque du Mozambique a injecté 500 millions de dollars US sur le marché des changes interbancaire pour une période de neuf mois.

La baisse du metical était attendue par le gouvernement mozambicain, dont le porte-parole du Conseil des ministres, monsieur Filimão Suaze, a reconnu au mois de mars qu’une dépréciation de la monnaie par rapport au dollar aurait un impact sur les prix intérieurs, prévoyant également « un non-respect » des délais de livraison de divers produits en raison d’une interruption de la production en Chine au début de l’année, l’une des principales sources, principal pays de produits importés.