Les pays Lusophones a l’avant-garde de la creation d’une zone de libre-echange en Afrique

By | July 2, 2018

Cinq des six pays africains lusophones figurent sur la liste des 44 États qui ont souscrit au projet de zone de libre-échange en Afrique (AfCFTA), ayant ainsi reçu un accueil généralement positif de la part de la société civile.
Le lancement vers la création de l’AfCFTA a été donné fin mars à Kigali au Rwanda, au sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, avec la signature d’un accord prévoyant la création d’une union douanière similaire à celle de l’Union européenne.
Parmi les pays signataires, se trouve l’Angola en tête, pays qui était représenté au sommet par son président, M. João LOURENÇO, ainsi que le Mozambique, également représenté par le chef de l’Etat, M. Filipe NYUSI.
Pour M. José Carlos Costa, économiste angolais, sous la direction du président João LOURENÇO, « a adhéré avec enthousiasme à ce projet », contrairement à la position jusqu’ici opposée à une plus grande intégration économique dans sa région.
« Je souhaite que l’Angola adhère au plus vite à l’intégration régionale et soit confronté, à moyen terme à une intégration hémisphérique, ceci sans aucune réserve, et j’espère donc que l’enthousiasme manifesté avec la signature de l’accord à Kigali aura pour première conséquence un changement de position sur l’intégration économique régional», a écrit M. Costa sur son site web « Angonomics ».

Il en découlera du projet AfCFTA« plus d’avantages positifs que négatifs, comme l’importation moins chère des produits provenant d’autres pays de la région et l’expansion des marchés pour nos entreprises déjà exportatrices et l’émergence d’opportunités pour ceux qui n’exportent pas encore », mentionnait-il.
À la suite de la signature de l’accord de Kigali, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Mozambique, M. José Pacheco, a fait observer l’importance pour l’Afrique «de s’unir pour pratiquer le commerce interafricain».
Pour Mme Louise MUSHIKIWABO, ministre des Affaires étrangères au RWANDA, l’accord « présente des implications économiques importantes pour la population africaine », cet accord ouvrira le marché à 1,2 milliard de personnes avec la possibilité de générer de grandes richesses pour le continent, en accélérant l’investissement, diversifiant l’économie et augmentant les échanges.
Les signataires de l’accord incluent la Guinée équatoriale, à travers son Premier ministre, M. Francisco Obama Asue, le Sao Tomé-et-Principe et le Cap-Vert, représentés au niveau ministériel.
La Guinée-Bissau était ainsi le seul pays lusophone à ne pas avoir signé l’accord de Kigali.
Dans une récente analyse relative à la signature de l’accord, le groupe de réflexion marocain OCP Policy Center a souligné que la traduction de la vision en action ne sera pas facile, notamment en raison de la nécessité d’inclure de grandes économies telles que l’Afrique du Sud et le Nigeria, qui réfléchissent quant à leur adhésion, mais limitent également l’exclusion des produits et définissent leurs règles d’origine.
« Tous les pays africains sont également confrontés à la nécessité d’améliorer les infrastructures de transport pour permettre l’exercice du commerce. Les économies plus grandes et plus riches, notamment la Chine, l’Union européenne et les États-Unis, ont un intérêt à ce que la zone de libre-échange connaisse un succès et ces pays, zones peuvent beaucoup entreprendre afin de promouvoir un résultat favorable », explique l’OCP Policy Center.

(macauhub)