Présentation visuelle d’une sélection diversifiée d’objets sacrés et profanes

By | December 16, 2016

Toutes ces différentes facettes et rôles historiques du séminaire sont mis en valeur tout au long de l’exposition, qui comprend une large gamme d’artefacts, de partitions et d’instruments aux icônes artistiques de Jésus-Christ et de la Ste Vierge Marie.

Des icônes de saints vénérés localement sont également exposées, comme celle de Saint-Roch (1295-1327), un Français qui s’occupait des patients atteints de la peste. Ne voulant pas les laisser dans leur souffrance et craignant aussi de transmettre la maladie à d’autres personnes, Saint Roch accepta la mort comme une réalité inévitable. Mais, selon la légende, un chien lui rendait visite chaque jour, lui apportant du pain, et il survécut. Il est dit que dans les premiers jours où Macao était juste une colonie, il y avait de fréquentes épidémies de choléra. Les fidèles ont prié saint Roch pour obtenir de l’aide et l’épidémie disparut. Par la suite, une rue de la ville porte son nom: S. Roque.

L’exposition comprend une grande collection de dictionnaires et de manuels compilés par les jésuites, en mandarin et en cantonais. La Cour impériale de la dynastie des Qing (1644-1912) interdit à ses sujets d’enseigner le chinois à des étrangers, de sorte que Macao était le seul endroit où les Occidentaux pouvaient légalement apprendre les langues locales. Le dictionnaire chinois-portugais, compilé par le lazariste portugais le révérend père Joaquim Afonso Gonçalves, célèbre Sinologue et publié par le séminaire en 1833. Forcé à demeurer à Macao à cause de l’interdiction de la religion par la cour chinoise, le père Alfonso Gonçalves enseignait le Chinois aux étrangers, le latin aux Chinois, et rassemblait des dictionnaires et des manuels de langues.

Divers ornements et récipients utilisés pendant les services religieux sont également exposés. Les conservateurs du Musée de Macao ont passé trois mois à nettoyer et à polir les vases avec du coton pour restaurer leur lustre d’origine. Les vêtements sont décorés avec les lettres «JHS» et «IHS» – symboles grecs et latins de l’ordre des Jésuites. «[Les jésuites] ont apporté des ornements religieux avec eux d’Europe. Ceux qui ont été confectionnés ici ont introduit des caractéristiques décoratives chinoises, résultant en un grand nombre de vêtements et de vases délicats et sophistiqués », précise M. Chan.

Une vidéo décrivant l’histoire du séminaire et présentant quelques-unes des personnes remarquables qui ont vécu et travaillé sont présentées dans le cadre de l’exposition. Des photographies historiques représentant la vie des étudiants du séminaire sont également exposées.
«Quand j’ai conçu cette exposition, je l’ai visée et destinée à des gens ordinaires, pas vers ceux ayant une connaissance antérieure du catholicisme,», affirme M. Chan. « Je veux qu’il soit accessible à tout le monde, afin que tout le monde puisse comprendre chaque œuvre. J’ai utilisé un langage ordinaire, pas des termes spécifiques à la religion. Le week-end, nous avons beaucoup de visiteurs du continent. Parfois, je viens aider à montrer et piloter l’exposition.
L’exposition présente une petite fraction de la vaste collection du séminaire. Dans toute la Chine, les documents d’art et historiques ont souvent été détruits ou perdus dans les incendies, les accidents, les guerres et les révolutions. Mais cinq siècles de paix à Macao ont conservé des éléments si importants pour l’avenir.

(Macauhub)